LE 13 AOUT 1914

De nouveaux forts vont tomber aujourd'hui. Ils résistent magnifiquement mais chaque obus de 420 ouvrent des brèches béantes. De plus comme déjà dit, le système d'aération est inexistant et la puanteur se fait de plus en plus présente.
Les forts de Pontisse, d’Embourg et de Chaudfontaine subissent des dégâts considérables. Des mortiers de 420, installés à 4 km à l’est du fort rendu de Barchon, pilonnent le fort de Pontisse.
A 9h, un obus d’une puissance inouïe s’abat sur le fort. Un officier apporte le culot d’un obus qui s’avère être du calibre 420. Les artilleurs sont suffoqués par les gaz et ne peuvent plus répliquer.
Au fort de Chaudfontaine, vers quatre heures du matin débute un bombardement intense qui va durer quatre heures. Les gaz pénètrent dans les locaux et menacent la garnison d’asphyxie.
A 10h30, un obus de 280 met le feu aux réserves de poudre et de munitions. L’incendie qui en résulte transforme le centre du fort en brasier. Les explosions se succèdent pendant une demi-heure et 13.000 obus sautent. Le fort ne répondant plus à leurs tirs, les Allemands envoient une patrouille aux abords de la poterne et constatent la catastrophe. Le Commandant Namèche capitule à 1100 heures suite également à la menace d'asphyxie et aux émanations nauséabondes. Les régiments entourant le fort, organisent le sauvetage des blessés. Sur 300 hommes du fort, 60 sont morts et plus de 100 gravement blessés.
Le fort de Pontisse est pilonné sans relâche.
A midi, le Commandant Speesen décide de hisser le drapeau blanc. Il capitule à son tour à 1230 heures après avoir reçu 43 obus de 420. Les Allemands rendent les honneurs de la guerre à la garnison et les officiers peuvent conserver leur sabre.
Au fort d’Embourg Les tirs des batteries allemandes s’attachent à détruire les coupoles.
0900 H: des parlementaires allemands demandent à être reçus par le commandant Bovier. Celui-ci refuse de rendre le fort. Dès la chute de Chaudfontaine, tous les canons allemands du secteur sont pointés sur Embourg.
1500 heures: deux petites coupoles sont retournées et leur canons détruits. Par la suite, les grosses coupoles doivent être abandonnées. Les Allemands se rendent compte que l’artillerie du fort est hors d’usage et décident de prendre l’ouvrage d’assaut.
1915 heures: le 57e Régiment d’infanterie se met en marche mais au moment où l’assaut va débuter, le fort hisse le drapeau blanc. La galerie centrale du fort menaçait en effet de s’effondrer. Il est contraint de capituler à 1930 heures. Les coupoles sont hors service et les soldats sont menacés d'asphyxie.
1100 heures au Fort de Fléron. L’artillerie lourde interrompt son tir et des canons de campagne visent les coupoles. Le bombardement des grosses pièces recommence vers 13h. Les observateurs allemands sont juchés sur des terrils. A 17h, les canons du fort de Fléron se taisent et dans les galeries, l’air devient irrespirable. Un obus a percé la galerie centrale. Seules deux petites coupoles de 57 restent opérationnelles.
0000 heures: des bruits inquiétants sont perçus : coups de pioches, cliquetis de machines. Le Commandant Mozin ordonne une sortie pour le défendre le fort contre un assaut. Les fantassins allemands occupés à des travaux d’investissement refluent, mais l’artillerie allemande intervient à nouveau, forçant les Belges à rentrer dans les souterrains.
Le fort de Lantin est soumis à un bombardement intensif. En deux jours, les coupoles sont neutralisées et une âcre fumée fait tousser les défenseurs.

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